Rallye National de Bessé sur Braye
 
 
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     C'est une auto requinquée avec laquelle nous allons participer au rallye de Bessé sur Braye. En effet, suite au rallye de Vendée, le turbo a été changé ainsi que l'autobloquant. J'ai surveillé la météo toute la semaine car je rêve depuis le début de saison de vivre un rallye sous un vrai soleil estival et ainsi profiter pleinement des réglages de la Sub. Pour une fois, mon souhait semble vouloir se réaliser et c'est même un soleil de plomb qui s'annonce pour ce 15 août 2009.
Jonathan et moi sommes arrivés dès le vendredi après-midi ainsi que Guillaume. Nous profitons de la bonne ambiance du camping qui tous les ans est assailli par les équipages venus participer au rallye.
 
     La bonne humeur est au rendez-vous samedi pour nous rendre aux vérifications administratives et techniques. Tout le monde sait que le tracé est réputé pour être éprouvant pour les équipages mais aussi et surtout pour la mécanique.
Cette année le parc de départ, composé de 77 concurrents, se situe dans le parc du château, magnifique cadre s'il en est. Nous sommes 6 dans la classe dont 3 Mitsubishi, 2 Subaru et un GT Turbo. Bernard et moi sommes motivés et nous espérons surtout profiter pleinement de cette journée qui va être longue…
 
     La 1ère spéciale se déroule plutôt bien. Malgré des reconnaissances qui se sont déroulées le week-end précédent, nous parvenons à nous mettre rapidement dans la course. Nous signons le 12ème temps à 1,5 secondes seulement de Jean-Noël Nombela et son copilote. Après quelques kilomètres parcourus sur l'ES2, je vois Bernard très embêté au niveau de son passage de vitesse. Il me dit " j'ai du fausser mon levier… ". Quelques centaines de mètres plus loin, c'est carrément le levier de vitesse qui se rompt net, laissant l'axe jusqu'au pommeau tout démantibulé… Je continue d'annoncer les notes sans conviction simplement pour permettre à mon pilote d'appréhender la route et de viser un échappatoire. Mais c'est sans compter sur la persévérance de Bernard. Il continue à rouler en passant les vitesses avec un " moignon " de levier… Je n'en crois pas mes yeux. A l'arrivée, nous pensons évidemment avoir perdu un maximum de temps et quel ne fut pas notre étonnement en voyant que nous réalisons le 8ème temps. A l'issue de cette première boucle, nous ne sommes déjà plus que 4 dans la classe…
 
     En rejoignant le parc fermé, nous recherchons déjà des solutions pour réussir à poursuivre la course… mais il faut beaucoup d'imagination… j'ai d'ailleurs beaucoup de mal à y croire… J'apprends par ailleurs que Guillaume et Jonathan abandonnent à l'issue de l'ES1 pour un problème électrique, quelle déception ! 
Notre concurrent Philippe Bausset, nous apporte exactement la pièce que nous avons cassée, un grand merci à lui pour cet esprit sportif. Malheureusement, le temps d'assistance est insuffisant pour espérer changer une telle pièce dans sa totalité. La seule idée qui nous parait envisageable est de remplacer le levier par un tournevis. Va-t-on trouver le diamètre correspondant ?
 
     Avant cela, un arrêt de course retarde le reclassement et par la même, la sortie du parc de regroupement. Il est 18h passé lorsque nous sortons du parc en 8ème position pour rejoindre l'équipe à l'assistance. Peut être que la chance était avec nous cette journée là, Bernard trouve un tournevis parfaitement adapté et l'attache solidement avec des Rilsans, le résultat peut paraître très archaïque mais ce sera ça ou rien… 
Sur le routier, Bernard s'aperçoit qu'il sera difficile de passer la 5 mais on fera le bilan après cette deuxième boucle… ES3, nous effectuons le 13ème temps, nous perdons évidemment du temps mais l'espoir revient, le bricolage a l'air de fonctionner et de tenir le coup. Dans l'ES4, celle de 23 km, Bernard est plus à l'aise, je suis d'ailleurs impressionnée par sa condition physique, il est à peine fatigué à l'arrivée de chaque boucle… Nous signons le 9ème temps.
 
     Nous en oublions presque le reste de la mécanique de la Subaru. Pour ma part, il me semble évident que nous sommes plus efficaces dans les équerres. D'abord, la voiture raccroche mieux et surtout je sens moins de " trou " au moment de la relance. Les vidéos reçues après le rallye me confirment d'ailleurs cette impression… Nous sommes toujours 8ème à l'issue de cette boucle mais les abandons se succèdent, nous sommes 1er de classe après l'abandon de Pascal Lescloupé et son copilote.
La journée se poursuit, avant d'entamer la 3ème boucle, nous décidons de monter la rampe de phares car le moindre arrêt de course nous ferait passer sur l'ES6 de nuit.
 
     Finalement, même sans arrêt de course, nous utilisons la rampe de phares dès l'ES6. Bernard prend son mal en patience et continue de piloter au mieux dans ses conditions inconfortables.
La dernière boucle est toujours la plus difficile, il est plus de 22h et nous croisons toujours les doigts pour que notre installation de fortune tienne jusqu'au bout. Quelle joie de rejoindre le parc fermé peu avant minuit, Jonathan m'attend et peut lire la joie sur mon visage. Sur les 47 équipages à l'arrivée, nous terminons 8ème au scratch, 2ème de groupe et 1er de classe.
 
     Bravo à Bernard pour sa persévérance et pour m'avoir montré à quel point la Subaru peut être plaisante lorsque le temps lui est adapté. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir sur cette épreuve et espère sincèrement qu'il en soit de même au Cœur de France, les 28 et 29 août prochains…