Rallye National de Saint Emilion
 
 
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     A mois d'avril, Julie Galpin me contacte de nouveau pour rouler à ses côtés au rallye de Saint Emilion. L'envie de rouler de nouveau avec elle me motive d'autant que je ne connais pas cette épreuve pourtant bien réputée. Pour me permettre d'accepter, Jonathan et Guillaume décident de disputer cette même épreuve avec la saxo N2.
Profitant du pont de l'Ascension, nous partons tous ensemble le jeudi 13 mai, ravis du week-end qui s'annonce. Ainsi, nous effectuons les reconnaissances sur 2 jours (jeudi et vendredi) tandis que la course se déroule sur la journée du samedi. Le parcours comprend 4 spéciales : une boucle de 3 spéciales (15 km, 8 km, 8 km) à renouveler 3 fois et une spéciale de 11 km que nous parcourrons 2 fois de nuit.
Les reconnaissances se déroulent à merveille, nous les entrecoupons de temps de pause collectifs avec tout le Team Chartier Compétition.
 
    Le vendredi après-midi, le Team FJ, qui fait rouler 5 autos sur ce rallye, effectue une petite séance d'essai nous permettant, Julie et moi, de nous mettre dans le bain pour le lendemain. Julie est d'ailleurs très motivée. La soirée se poursuit par les vérifications administratives et techniques puis s'achève par un dernier tour de reconnaissances de la spéciale de nuit.
Nous ne sommes que 4 concurrents dans la classe R2 ce qui ne favorise pas l'analyse des temps. Nous allons donc nous baser sur les temps de Thierry Bureau puisque Julie sait qu'elle roule habituellement entre 1,5 et 2 secondes au kilomètre derrière lui. Par ailleurs, le plateau est extrêmement relevé, la position au scratch ne nous donnera que peu d'indications. Il faut donc faire sa propre course sans se soucier des temps des autres
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     Pour la première boucle, Jean Galpin nous préconise de respecter scrupuleusement les notes pour ne pas rouler trop « en deçà » de ce qu'il faudrait. Dans la première spéciale, nous réalisons un temps de 10'35 (3ème de classe) à 25 secondes de Thierry et Laurent, ce qui est donc conforme au roulage habituel de Julie (1,6 sec au kil). Dans la deuxième spéciale, nous réduisons l'écart à 1 sec au kil tout comme dans la troisième spéciale. Ces résultats sont très encourageants, nous pointons alors à la 60ème place sur 91 classés au moment du reclassement. Notons que faire rectifier les erreurs de temps a été une tâche ardue et chronophage pendant la pause de midi.    
    L'entente est parfaite dans la voiture, pourquoi ne pas tenter d'améliorer encore nos temps pour se rapprocher de Thierry et Laurent ? C'est l'objectif fixé pour la deuxième boucle. Ainsi, dans l'ES 4, nous réduisons l'écart de 5 secondes par rapport au passage du matin, ce qui représente 1,3 sec au kil (10'20). Dans l'ES 5, ce sera 1 sec au kil (5'27) tandis que l'ES 6 est mitigée avec un écart de 1,5 sec au kil (5'20).
Nous sommes vraiment ravies des sensations que nous avons l'une et l'autre dans nos baquets respectifs. Il est vrai que ce rallye est plaisant, dommage qu'il soit si cassant.
 
    De retour à l'assistance, j'apprends la sortie de route de Jonathan et Guillaume. Une sortie anodine mais désastreuse pour la caisse. Le moral est évidemment au plus bas d'autant que les problèmes familiaux s'accumulent ces derniers temps. Pourquoi le sort s'acharne-t-il ainsi ? Je ne sais que trop ce que l'on ressent dans ces moments là, la fin d'une aventure ? 
Il est difficile de reprendre le départ dans ces conditions mais pas question de se déconcentrer en spéciale, Julie doit poursuivre sur sa lancée. 
    
    Dans l'ES 7, Thierry réalise une belle performance tandis que notre temps est moyen (10'25). Nul doute que Julie aussi a été affectée par l'abandon des garçons...
Pour l'ES 8, nous essayons de rassembler nos esprits pour retrouver nos belles sensations. Julie est toujours aussi appliquée et cela paye une fois de plus puisque nous pointons seulement à 5 secondes de Thierry, soit un écart de 0,6 sec au kil (5'22). N'oublions pas que la différence d'auto entre la R2 de Julie et la R2 Max de Thierry suffit en elle-même à expliquer cet écart. Tout le clan Galpin est au point stop pour féliciter Julie qui est évidemment fière de notre performance.
Au départ de l'ES 9, c'est l'optimisme qui prévaut et qui va nous couter cher... En effet, dès le premier virage annoncé en 3, Julie ose l'attaquer en 4 mais constate malheureusement qu'il n'est pas négociable de la sorte. Je sens alors l'auto partir, je n'ose relever la tête me préparant déjà aux tonneaux... Par chance, les piquets et rangs de vigne nous épargnent un peu en nous laissant à plat.
 
    Nous sortons de l'auto pour constater les dégâts. Je dégage les piquets détruits qui obstruent le passage et débranche le phare avant droit qui pendouille... Julie me demande alors « on repart ? ». Connaissant son tempérament, je me dois de l'accompagner jusqu'au bout. Pourtant au vu des dégâts sur l'auto, cela me paraît bien ambitieux mais allons-y ! On reboucle nos harnais et on redémarre...
Plus de frein ! Nous allons devoir finir la spéciale au ralenti dans l'espoir qu'une réparation de fortune soit possible à l'assistance. Que les kilomètres paraissent longs dans ces conditions.
    
    Au point stop, le clan Galpin es de nouveau présent et Julie ne peut que s'effondrer. Je souligne pourtant son courage face à cette situation. L'assistance dure presque 1h30 avant d'attaquer la nuit, les gars s'activent tous pour nous donner une chance de repartir. Les dégâts sont nombreux, malgré la réparation provisoire des freins, le train est ouvert, si nous décidons de repartir il faudra rouler au pas pour ne prendre aucun risque. C'est dans ces conditions que nous finissons ce rallye simplement pour marquer les points de la classe en vue de la finale.
Sur le podium d'arrivée, nous sortons toutes les deux de l'auto les larmes aux yeux en nous félicitant mutuellement d'avoir fait face à cette journée éprouvante nerveusement et d'avoir été au bout du rallye dans ces conditions désastreuses. Les commentaires du speaker et les applaudissements des spectateurs ou équipages encore présents à cette heure tardive nous réchauffent le cœur...
Conclusion : « Il est des rallyes qui laissent une empreinte douloureuse... »